Du 24 au 26 mars 2026, l’ADRAF a organisé trois jours de formation pratique dans les groupements Inakiluba, au village de Mukoma (Haut-Katanga). Cette session s’inscrit dans le projet « Agro-Sol : agroécologie pour l’autonomisation économique des filles et mères célibataires du bassin du village Mukoma », soutenu par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à travers le Fonds « La Francophonie avec elles ».
Pourquoi Mukoma
Les femmes de Mukoma, en particulier les filles-mères et les mères célibataires, assurent une grande part de l’agriculture familiale qui approvisionne les villes du Haut-Katanga. Elles font pourtant partie des groupes les plus vulnérables : accès limité à la terre et sans droit foncier, intrants de qualité inaccessibles, manque d’investissement et dégradation des sols et de l’eau liée aux activités minières de la zone. Les rendements baissent, et avec eux l’autonomie économique des ménages et leur sécurité alimentaire.
Qui a participé
| Village | Filles-mères | Mères célibataires | Total |
|---|---|---|---|
| Mukoma | 7 | 8 | 15 |
| Kasonta | 10 | 8 | 18 |
| Soleyi | 12 | 15 | 27 |
| Total | 29 | 31 | 60 |
Avant la formation, l’équipe de l’ADRAF et le Comité local de développement (CLD) ont mené une campagne de sensibilisation auprès des bénéficiaires. Le chef du village de Mukoma a mis à disposition un champ expérimental, jugé favorable : surface adaptée aux démonstrations, bon accès et point d’eau pour l’arrosage.
Trois jours, trois modules
La formation a été ouverte par la directrice exécutive de l’ADRAF, Raïssa Tshingwel Ringamb, qui a présenté le contexte du projet et encouragé les participantes à s’approprier les techniques pour renforcer leur autonomie.
Jour 1 – Comprendre la macrofaune du sol
Vers de terre, termites, fourmis, larves : les participantes ont appris à identifier ces organismes et à comprendre leur rôle dans la décomposition de la matière organique, le recyclage des nutriments, l’aération du sol et l’infiltration de l’eau. Elles ont analysé ce qui les détruit — feux de brousse, déforestation, labour profond, monocultures, excès d’engrais et de pesticides, compactage — et les effets des activités minières sur les terres agricoles.
Jour 2 – Composter pour restaurer les sols dégradés
Tri et mélange des matières organiques locales, choix des matériaux, suivi de la maturation : les participantes ont fabriqué leur propre compost. Les échanges ont montré comment le compost améliore la structure du sol et réduit la mobilité de certains métaux lourds présents dans les sols contaminés.
Jour 3 – Rotation et association des cultures
La dernière journée a porté sur la diversification des cultures pour limiter l’épuisement des sols, les maladies et les ravageurs, et mieux retenir l’humidité. Les participantes ont installé des parcelles pilotes et planifié leurs cultures en fonction des saisons.


Et maintenant
À l’issue de la formation, les 60 bénéficiaires ont reçu des semences et des boutures pour appliquer sans attendre les techniques apprises.